• Phase 2 ?

     

    « La restructuration a été réalisée ; un nouveau modèle d’accumulation a été établi, et aussi paradoxal que cela puisse paraître, la restructuration est maintenue comme dynamique et s’intensifie à travers la crise interne de cette période. » (Blaumachen annexe au texte Le temps des émeutes disponible sur dndf.org)

    La crise actuelle nous semble plutôt être celle de l’inachèvement de la restructuration (voir La crise ! Quelle crise ? sur ce blog). Le rétablissement du rapport de force n’a pas débouché sur un nouveau modèle (on ne bâtit pas une cohérence uniquement sur des « disjonctions »*) et le capital ayant, d’une certaine manière, épuisé le filon du retournement de l’offensive prolétarienne précédente, la contre-révolution bute donc ,dans les métropoles, sur l’entre-deux qui lui servait de point d’équilibre : le post-fordisme a fait son temps. Dans ce sens c’est effectivement une nouvelle phase qui s’ouvre à travers l’emballement de l’austérité (produite, rappelons-le, par la transformation stratégique de cette « crise de la crise » en crise des dettes souveraines).

    Ce nouveau seuil de la restructuration, qu’on l’envisage à court (intensification de l’exploitation, attaque contre le non travail), moyen(paupérisation et rapatriement relatif du capital) ou long terme ( Vers un nouveau mode de subordination ?), redéploie la lutte de classe sur une échelle nouvelle. Réintroduire de la plus-value absolue en achevant le renversement de l’indexation des salaires sur la productivité ( Pour cette crapule de Blanchard, économiste au FMI, les pays européens doivent « (…) améliorer considérablement leur productivité, ou baisser leurs salaires, ou les deux. » Le Monde avril 2011), modifier définitivement la norme d’achat de la force de travail («Il faut en finir avec le dualisme entre les contrats à durée indéterminée et déterminée. » Blanchard ibid.) et y adapter les dispositifs de reproduction sociale : chaque moment de ce premier processus augure d’une confrontation que le chantage aux marchés ou autres ne suffira plus à neutraliser. Le tournant « déspotiquo-démocratique » devrait donc se confirmer, ce qui parachèvera le délitement de l’encadrement classique (politique et syndical). Sortir de la crise supposera ensuite, pour le capital,de rétablir l’unité entre production et circulation, doublement mise à mal par la financiarisation et l’épuisement d’un cycle de globalisation, ce qui induira une forme de convergence nord/sud, icompris, dans les luttes . Enfin, il n’y aura pas de véritable rétablissement de l’accumulation sans nouveau mode de subordination, ce qui pose la question de la « force vivante » que peut encore pomper le capital : savoir et insubordination ouvrière asséchés, société transformée en usine totale : il y a t-il encore des recoins nouvellement valorisables dans l’interdépendance triomphante ?

    (La suite bientôt)

     

    : Ce n’est bien évidemment pas le « lieu » ici pour critiquer l’ensemble des thèses de Théorie communiste sur le sujet ( voir La restructuration telle qu’en elle-même in TC n°22). Nous nous contentons donc de préciser que définir la période comme celle de la restructuration du « capital restructuré » permet peut-être un joli paradoxe mais tend à prendre la réalité à rebours.


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