• En passant (1) La crise ! Quelle crise ?

    La version la plus courante des explications plus ou moins magiques qui accompagnent le psychodrame boursier actuel peut se résumer comme suit : en 2008 les Etats ont sauvé les banques mais pour ce faire se sont ruinés, ce qui pousse les mêmes banques et les « marchés » à ne plus leur prêter qu’a des taux usuraires les menant ainsi à la faillite alors même que banques et « marchés » s’affolent d’un retour de la récession que les Etats ne pourront empêcher faute de moyens d’effectuer une politique de relance. Au-delà de ce qui est formellement vrai, on suggère avec ce galimitia qu’il n’y a rien à comprendre ni a faire si ce n’est opiner stoïquement aux plans d’ajustement présents et à venir. Sans vouloir éclaircir tous les phénomènes actuels d’un coup de baguette marxiste, on peut tout de même replacer quelques éléments  de la « crise » actuelle dans leur contexte historique

    Le moteur du capitalisme ce n’est pas la « surréalisation de la valeur » sur des échelles nano-temporelles mais un rapport social constant et conflictuel, l’exploitation, avec la force de travail partout dans le monde. La finance participe de ce rapport social mais elle n’en est pas le « deus ex machina », ni le « general intellect », moyen de la restructuration (rétablissement du taux de profit, centralisation et internationalisation du capital) elle est aussi un moment de son inachèvement (crise larvée de l’accumulation, oligarchisation, etc).

    De même la dette publique, posée comme instance divine contenant tous les péchés des peuples et dont ils devraient se sentir solidairement responsables, si elle est en partie due au détricotage de toute la politique fiscale depuis 30 ans et à « l’off-shorisation » des grands groupes, elle exprime surtout un entre-deux qui tend à prendre fin. L’endettement public a servi à écoper déflation salariale et fuite du capital en maintenant un niveau relativement élevé de socialisation de la consommation. En ce sens il est le produit de la remise en cause inachevée du rapport social, c’est à dire du travail comme moment du capital, dans l’offensive des années 60-70. Celle-ci détermine l’entre-deux de la contre-révolution comme involution lente des conditions de l’exploitation : la réduction du travail à un coût sans que ses conditions de reproduction soient fondamentalement modifiées est le pendant inversé d’un anti-travail resté à mi-chemin. La vrai crise au nord ce serait plutôt cet inachèvement.

    Et quand Poul Thomsen, représentant du FMI au sein de la troïka qui contrôle le plan d’austérité grecque, explique que « C’est impossible de réduire le déficit budgétaire sans récession. » Il ne faut pas s’arrêter au contresens, réduire un déficit alors même que les recettes baissent, mais comprendre que le cercle vicieux endettement-austérité est un instrument stratégique de la classe capitaliste.


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